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Procès des Comédiens français et des Comédiens forains. 255
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théâtre et reprirent leurs représentations, à lagrande joie du public; puis le 21 ils firent signifier l'arrêt aux Comédiens français. Ceux-ci n'ayant pas donné signe de vie, Holtz et Godard firent pratiquer une saisie à l'Hôtel de la Comédie-Française pour sûreté des sommes à eux attribuées par le Grand-Conseil. Les Comédiens forains triomphaient alors et se vengeaient des humiliations qui leur avaient été si longtemps infligées ; leur triomphe fut cependant de courte durée, car les Comédiens français, qui pour se débarrasser désormais de la saisie avaient été obligés de déposer chez un notaire les sommes qu'ils avaient été condamnés à payer, cn appelèrent à la juridiction suprême, au Conseil privé, sorte de cour de cassation qui jugeait les procès en dernier ressort. En vertu de cet appel, le 15 avril 1709, le Conseil privé rendit un arrêt qui renvoya l'affaire par-devant le Conseil d'État, où le 11 mars 1710 les comédiens forains eurent la douleur de perdre absolument et définitivement un procès qu'ils avaient soutenu avec une ténacité et une énergie remarquables. Holtz et Godard, qui en réalité n'avaient pas grand intérêt dans toutes ces querelles, résilièrent alors la vente qui leur avait été faite par Alexandre Bertrand, et Christophe Selles, dégoûté de tant d'obstacles, quitta Paris. Quant à Dolet, Delaplace et Bertrand, ils tinrent bon et continuèrent "leurs représentations ; mais ils furent obligés de jouer à la muette, c'est-à-dire sans parler, avec des êcriteaux ou cartons sur lesquels on imprimait en gros caractères les parties des rôles qu'il était impossible aux acteurs de faire comprendre par leurs gestes ou le jeu de leur physionomie. Ces cartons enroulés étaient placés dans la poche droite de chaque artiste qui, "i-" selon les besoins du rôle qu'il jouait, les exposait aux yeux des spectateurs et les remettait après s'en être servi dans la poche gauche. Quelquefois sur ces cartons étaient écrits des couplets que des gens payés exprès et placés dans la salle chantaient tout haut, accompagnés par l'orchestre. Plus tard et pour la commodité des acteurs et des spectateurs, on supprima les êcriteaux dans la poche et on les fit descendre du plafond du théâtre. Tel est en
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